Rupestres
Création 2011 - Danse, musique et images pour quatre danseurs
« Rupestres » se situe dans la continuité des 3 expériences de créations chorégraphiques précédentes : « Manoamano » un duo masculin sur les notions d’identité créé en 2008, « Tierra Fertil » un trio masculin sur la thématique de l’homme et son rapport à la terre créé en 2010 et « Qui fait Quoi ? » la même année, un duo qui interroge et cherche les nuances dans les rôles de chacun.
L’univers des gravures rupestres – ce dont elles témoignent, ce qu’elles racontent, leur âge millénaire – parle directement aux corps. Dans "Rupestres", elles deviennent matière de transmission, les supports de "la trace". Car ces gravures illustrent ce besoin de laisser une trace, de s’exprimer, d’ancrer notre existence sur quelque chose de physique.
ec puissance les imaginaires. Cherchant la métaphore, l’abstraction et l’action poétique, les danseurs expriment ce que les gravures, dans leur immobilité, ne peuvent exprimer.
Collaboration entre photographe, chorégraphe et ethnologue
Le livre « Roches de Mémoire » réalisé par le photographe Emmanuel Breteau est à l’origine de cette aventure. Le travail se nourrit par une constante collaboration entre un photographe,un ethnologue et un danseur chorégraphe ( Marcelo Sepulveda). La participation des différentes disciplines permet d’aborder ce thème sous un œil nouveau : il s’agit de mélanger les regards, d’apporter une sensibilité nouvelle. Le photographe Emmanuel Breteau a réalisé une enquête de longue durée, parcourant les montagnes en quête de ces gravures qu'il a souvent photographié de nuit avec une technique qui permet de révéler les gravures avec précision.
Guillaume Lebaudy, ethnologue (directeur de la Maison du berger, Centre d'interprétation des cultures pastorales, situé à Champoléon dans le Haut-Champsaur) effectue un travail scientifique sur ces gravures autour de la notion d’universalité et d’intemporalité. Une collaboration inattendue avec la bergère Sigrid Cholin nous permet de témoigner du travail des bergers dans les alpages, ainsi que du rapport aux animaux et la solitude.
Les gravures rupestres à la rencontre de la danse dans tous ses états
L’univers des gravures rupestres parle directement aux corps et les corps deviennent matière de transmission : le corps est une sourced’expression inépuisable pouvant devenir le support de la trace. Ici la danse est la matière primordiale d’expression, comme un écho ou une résonance aux gravures et non comme une réponse cherchant à expliquer ou à donner du sens aux expressions gravées sur la roche. Au-delà de la rencontre entre les univers du chorégraphe, du photographe et de l'ethnologue est né un désir commun de partager l’univers des gravures rupestres hors les murs, ceux des musées et des laboratoires scientifiques…
Ici la chorégraphie utilise les outils de la danse contemporaine, du corps, de la musique et de l’image, et cherche à capter l'attention d'un large public avec ce que les gravures rupestres ont d'universel, la lumière, le mouvement, les gestes.
Le rôle primordial de la lumière
Du matin jusqu’au soir, selon la lumière du soleil, la gravure sera effleurée par le rayon qui fera ressortir ses traits, elle est quasiment invisible avant et après. Ces œuvres prennent vie et se transforment selon la lumière. Le rôle des éclairages dans le spectacle a une grande importance et rend visible l’inattendu, la face cachée des gravures. Ainsi les corps interviennent comme des éléments cherchant la métaphore et l’abstraction.